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Le parcours du combattant de Charlotte Marchandise-Franquet


Retour sur la campagne d’une candidate citoyenne
« Les élections ne se passeront plus jamais comme avant. » À 42 ans, Charlotte Marchandise-Franquet est la 1ère candidate, dite citoyenne, à s’être lancée dans le grand bain de l’élection présidentielle. Avec 135 parrainages récoltés, un score tout à fait honorable, la Rennaise n’a toutefois pas pu se qualifier. Retour sur une expérience qui pourrait en appeler bien d’autres.

L’émergence d'une candidate citoyenne
Avril 2016, des centaines de Français se sont lancés dans l’aventure LaPrimaire.org, une initiative citoyenne visant à élire un candidat citoyen pour la Présidentielle. Parmi eux, 215 présentent un programme mais seulement 5 se qualifient pour le vote final. Le 31 décembre, une seule sort gagnante. « Dans cette élection, il y avait plus de 200 hommes et 8 femmes, se souvient Charlotte Marchandise-Franquet. Ça a fait tilt à ce moment-là. Je me suis dit qu’il fallait arrêter de râler et passer aux actes. J’ai été élue sur un projet différent. Je revendiquais le fait de ne pas avoir de programme. À vrai dire, j’étais probablement celle qui voulait le moins y aller. Je ne suis pas une « Moi, présidente ». Au second tour, la mère de famille obtient la mention « très bien » par 50,64% des 32 685 votants. « C’est un projet collectif car je considère qu’il faut être là le moins longtemps possible, lance la Bretonne. Il y a eu un réel engouement. Nous avons commencé à avoir la presse la dernière semaine. »

« Les élus ne se rendent pas compte de l’ampleur du ras-le-bol »
L’aventure se lance, ses bons moments et ses échecs aussi. Élue à la mairie socialiste de Rennes en 2014 sur une liste écologiste et de gauche, la candidate citoyenne base sa campagne sur trois priorités : une nouvelle Constitution, le revenu universel et la transition énergétique. « Ce fût une campagne fatigante mais il est moins épuisant de faire quelque chose que de constater le sketch politique actuel, tance la néophyte. Les élus ne se rendent pas compte de l’ampleur du ras-le-bol qui monte au sein de la société. J’ai souhaité apporté mes compétences dans ce projet collectif. »

La chasse (très) compliquée aux parrainages
Mais face à la machine médiatico-politique, son combat s’enraye rapidement et des limites se font ressentir. « Le plus compliqué, c’est d’expliquer à longueur de temps que je ne suis « que » la candidate, persiste Charlotte Marchandise-Franquet. Il a fallu faire face aux mensonges, à la mauvaise foi, la jalousie… Tout cela est multiplié par 10 en campagne électorale! Puis il faut souligner que le timing était bien trop court. Sans parler du financement… Ça a été très difficile à gérer. Si nous voulions avoir une chance, il fallait s’armer. »
La chasse aux 500 parrainages devient un réel parcours du combattant et le manque crucial de « grands plateaux » n’arrange rien. « Quand nous faisons la matinale de RTL, nous récoltons 18 parrainages d’un coup, s’étonne-t-elle. C’est frustrant car avec plus de moyens, nous aurions pu aller plus loin. » Si, à l’instar de ses confrères Alexandre Jardin ou Pierre Larrouturou, elle n’atteint pas la barre fatidique, Charlotte Marchandise-Franquet s’en sort tout de même avec 135 parrainages, dont celui de Jo Spiegel, Maire de Kingersheim et membre de l’IRG. Soit bien plus que les anciens ministres Michèle Alliot-Marie (74) et Henri Guaino (33) réunis. « C’est évidemment une fierté, reconnaît la candidate citoyenne. Je n’ai aucune amertume. Cela a été une très belle aventure. Cela permet de se poser énormément de questions pour les législatives. Nous allons essayer de faire le tour de cette expérience. »

« Dans certains endroits, nos bulletins n’arriveront pas… »
Les combats à venir risquent toutefois d’être ardus face à un monde politique sclérosé et peu adepte du changement proposé par ces nouveaux candidats. « Je sais que dans certains endroits, nos bulletins de vote n’arriveront pas à bon port, lâche la Bretonne. En région Paca, j’ai eu des retours inquiétants. Des personnes qui ont été menacées, à qui l’on dit que leur voiture risque de brûler… »
Quant à la campagne actuelle, qu’elle suit désormais en tant que simple citoyenne, elle symboliserait tous les travers de la politique. « On ne peut plus tolérer cette campagne, peste-t-elle. Quand je vois Hamon et Mélenchon, j’ai envie de les gronder. C’est de la posture, des stratégies à triple bande. Avec Macron, on est loin du renouveau. Quant à Fillon, on est dans l’indécence. J’ai bien envie de voter blanc… »

Objectif : un groupe citoyen au Parlement

La quadragénaire, membre des Jours Heureux et signataire de la charte Anticor, ne sait pas encore si elle sera de la partie mais elle compte bien contribuer au principal but de l’initiative. « Je me présenterai si cela fait sens, temporise-t-elle. Mais si nous faisons un projet commun qui préfigure les municipales 2020, que nous communiquons bien, nous pouvons avoir un groupe citoyen au Parlement. »