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Légitimité et enracinement du pouvoir
Face à la notion de légalité (conformité à un ordre juridique, constitutionnel ou législatif préétabli), la notion de légitimité renvoie à ce qui est accepté par l’ensemble du peuple. Elle pose dès lors un certain nombre de questions, notamment celle de la reconnaissance et l’acceptation des différentes formes de pouvoirs, celle des fondements historiques et culturels de l’adhésion au pouvoir, celle des différents types de légitimité qui se font face au sein d’un ordre politique, ou encore celles des moyens de mise en place de l’adhésion collective et de la construction du consensus.
Quels sont les types de légitimité qui existent à l’intérieur mais aussi en dehors du cadre formel de l’Etat ? Comment concevoir la légitimité du système démocratique au sein de cultures politiques spécifiques ? En quoi la légitimité peut-elle être liée à la question de la « redevabilité » (accountability ?) des acteurs du pouvoir ?
Partenariat multi-acteurs dans la gestion des affaires publiques
Les régulations politiques et sociales ne sauraient être aujourd’hui construites isolément par les seules institutions publiques. Les acteurs de la gouvernance sont multiples ; la manière dont s’organisent leurs relations partenariales est donc centrale dans des domaines aussi vitaux que la gestion des ressources naturelles, la maîtrise de la société de l’information, les systèmes d’échanges internationaux, etc. La mise en lien des acteurs, le rapprochement des espaces institutionnels et des espaces sociaux, les débats sur la notion de bien public, notamment au niveau mondial, les processus de concertation entre puissance publique et citoyens sont autant de thèmes qui, selon l’IRG, relèvent directement de cet enjeu.
Dans un monde où le modèle de l’Etat-nation est encore présent, où beaucoup de responsables politiques pensent que les modes de régulation mondiale ou de résolution des conflits sont affaire de négociations intergouvernementales et ne supposent pas l’implication d’autres acteurs, ces processus sont loin, aujourd’hui, d’être généralisés. L’IRG se propose de rassembler des analyses et des expériences sur les processus collectifs existants et la manière de les analyser, et de mettre l’accent sur la place centrale du lien et du contrat social dans la construction de ces processus.
Réforme des institutions
A l’heure où les échelles locales et supra-étatiques de gouvernance se renforcent, on assiste à une remise en question de la capacité des institutions existantes à formuler des règles pertinentes, à les mettre en œuvre et à en garantir l’application. Cette réflexion met en évidence les impasses provoquées par les « greffes institutionnelles » et l’inertie de beaucoup d’acteurs de la puissance publique dès lors qu’il s’agit d’opérer des réformes et de penser une évolution à long terme.
L’IRG cherche à recenser et à donner à voir les types d’« ingénierie institutionnelle » – comprise comme l’art de concevoir des dispositifs institutionnels cohérents avec les fins poursuivies – élaborés dans le monde par les divers univers socioprofessionnels, culturels et politiques, et à en évaluer la capacité à répondre aux défis contemporains. Pour ce faire, il s’agit également de se pencher sur les principes aujourd’hui proposés pour réformer l’Etat, les instances régionales, les organisations internationales.
Articulation et coopération des échelles de Gouvernance, du local au mondial
Peu de problèmes sociaux, économiques, environnementaux, culturels peuvent aujourd’hui être pensés à un seul niveau de gouvernance ni résolus par la décision d’une seule institution. Entre les spécificités d’une action municipale et les enjeux d’une forme de gouvernance mondiale, en passant par l’ensemble des niveaux intermédiaires de prise de décision (Etat, sous-région, etc.), la gestion du « vivre ensemble » ne peut se contenter de solutions cloisonnées ni d’une répartition stricte des niveaux de compétence.
L’IRG se propose de rassembler ici des analyses et des expériences portant sur des processus de dialogue et d’établissement de liens entre les différentes échelles de gouvernance.
Qu’il s’agisse de la résolution des conflits, du développement durable, de la gestion urbaine ou de celles des territoires, on cherchera ici à comprendre comment, dans le respect de la diversité et des possibilités de chaque acteur, la combinaison des échelles permet une plus grande unité d’action.
Diversité des approches et des indicateurs de gouvernance
Le terme de gouvernance est défini et entendu aujourd’hui de manière très diverse, parfois contradictoire. L’IRG cherche à comprendre comment ce terme a évolué au sein même des institutions, du local au mondial, notamment au sein des organismes internationaux qui poussent à son émergence depuis maintenant une vingtaine d’années. L’Institut entend poser la question de l’emploi de ce terme dans des contextes idéologiques diversifiés voire opposés. L’IRG se penche également sur l’écho, les traductions et les décalages culturels que rencontre un tel concept en voyageant dans des traditions politiques aussi diverses que celles de l’empire chinois, du monde arabo-musulman, de l’Amérique latine ou de l’Afrique sub-saharienne.

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